Profession de foi électorale de 1842.

Frédéric Bastiat

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Messieurs les électeurs,

En me présentant à vos suffrages, j’obéis à ce besoin si naturel qui nous presse à tous d’arracher enfin notre pensée politique au domaine de l’étude pour l’initier à celui des affaires publiques.

Mais un autre espoir m’anime, celui de concourir à la réhabilitation des intérêts Chalossais. La Chalosse fut autrefois riche et prospère ; de nombreux vaisseaux transportaient ses produits dans le nord de l’Europe. Ces temps de prospérité ont disparu… ; mais ne peuvent-ils renaître ? Ces vastes royaumes où se déversaient nos vins n’ont pas disparu de la surface du globe. Cent millions de consommateurs nous y attendent ; ils veulent acheter nos vins, nous ne demandons pas mieux que de les leur vendre ; ne nous sera-t-il jamais permis de nous entendre ?

Des barrières artificielles séparent tous les peuples. Fondées sur des systèmes erronés, étayées par de puissans intérêts, elles ne sauraient s’abaisser que devant la propagation des saines doctrines et l’association, l’organisation de tous les intérêts en souffrance.

Un jour j’osai aborder cette œuvre, que les circonstances me forcèrent d’interrompre. Malgré mon obscurité et ma faiblesse, l’initiative que je pris alors a laissé ailleurs quelques traces. Quelque chose me dit, Messieurs, qu’honoré de vos suffrages, entouré de votre bienveillance, secondé par votre concours, mes efforts ne seraient pas inutiles à la grande cause de l’affranchissement commercial des nations, qui embrasse l’avenir de notre Chalosse.

J’ai l’honneur d’être,

            Messieurs,

                        Votre serviteur,

Frédéric BASTIAT.

Bastiat.orgLe Libéralisme, le vraiUn site par François-René Rideau